Je développe une pratique centrée sur la transformation de matériaux industriels — film plastique, papier bulle, eau — en surfaces sensibles et en membranes réactives. Mes œuvres prennent la forme de bulles reconstruites, de lentilles, de filtres et de dispositifs optiques qui diffractent, fragmentent ou transforment le réel.
Mon travail explore la relation entre matière et lumière : comment un matériau standardisé peut devenir peau, empreinte, cellule ou organisme lorsqu’il est traversé par le jour. La tension — physique, visuelle, symbolique — est au cœur de ma démarche.
La notion d’empreinte est centrale : elle inscrit le temps et le geste dans la matière. Dans les séries bleues, le pigment s’épuise, la trace s’allège ; le processus devient visible. Fragmentation #01 explore la même logique à une autre échelle : chaque cellule révèle ses variations, ses manques, ses densités propres. Ce renversement — du vide au plein, du transparent à l’opaque — fait du matériau une archive du geste et une mémoire du vivant.
La lumière et l’environnement jouent un rôle actif. Certaines pièces ne prennent sens qu’au contact du jour, du vent ou de l’eau. L’œuvre agit comme un filtre, une membrane entre le monde et le regard.
Ce premier chapitre, Matière lumineuse, explore ainsi la manière dont la lumière révèle la vie contenue dans la matière plastique.